
L'Histoire des États-Unis d'Amérique
Parce que les feuilletons des années 80 s’inscrivent dans un univers réaliste et que les références à la culture américaine fleurissent dans les dialogues (même si parfois la traduction française les efface), mais aussi parce que, vous le savez maintenant, je suis amoureux des États-Unis, j’ai pensé qu’il pouvait être utile de vous proposer une chronologie assez détaillée de leur histoire. Et quelle meilleure moment pour le faire que cette année 2026 ou les USA célèbrent les 250 ans de leur naissance.
- Avant Colomb : les civilisations Amérindiennes
- 1492–1776 : Colonisation et tensions
- 1776–1789 : Naissance des États-Unis
- 1789–1848 : Expansion territoriale
- 1848–1877 : Guerre de Sécession
- 1877–1917 : Industrialisation
- 1917–1945 : Guerres mondiales
- 1945–1991 : Guerre froide
- 1991–2026 : L’Amérique contemporaine
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En parallèle de cette grande chronologie de l’histoire de cette jeune nation, retrouvez le récit en 10 épisodes de cette fresque grandiose : 250 ans d’histoire, de la naissance d’une nation à la plus grande puissance du monde… Bien entendu il s’agit là d’une évocation, je n’ai pas la prétention d’être exhaustif ni de présenter les subtilités de chaque sursaut de l’histoire. L’idée est surtout de permettre aux non américains d’avoir une approche un peu plus précise de l’histoire américaine.











Avant Christophe Colomb : les civilisations amérindiennes
Bien avant l’arrivée des explorateurs européens à la fin du XVe siècle, l’Amérique du Nord est déjà un continent habité depuis des millénaires. Des centaines de peuples autochtones y vivent, parlant des langues différentes et développant des cultures riches et variées.
Les historiens estiment qu’avant 1492, la population amérindienne du continent américain pourrait avoir atteint plusieurs dizaines de millions de personnes. En Amérique du Nord seulement, on compte probablement entre 5 et 10 millions d’habitants, répartis dans une grande diversité de sociétés.
Ces peuples ne forment pas une civilisation unique. Ils appartiennent à des cultures très différentes, adaptées aux environnements variés du continent.
Dans les grandes plaines vivent par exemple des peuples nomades comme les Lakota, les Cheyenne ou les Comanche, dont la culture est étroitement liée à la chasse au bison.
Dans les régions boisées de l’est se trouvent des sociétés agricoles comme les Cherokee, les Iroquois ou les Algonquin, qui cultivent notamment le maïs, les haricots et les courges — un trio agricole souvent appelé « les trois sœurs ».
Plus au sud-ouest, dans les régions désertiques de l’actuel Arizona et du New Mexico, des peuples comme les Hopi ou les Navajo développent des traditions culturelles et spirituelles particulièrement riches, encore vivantes aujourd’hui.
Certaines sociétés construisent même de grandes villes et des centres cérémoniels. La cité de Cahokia, près de l’actuelle St. Louis, est par exemple l’un des plus grands centres urbains d’Amérique du Nord avant l’arrivée des Européens.


Contrairement à une idée longtemps répandue, les Amérindiens ne vivent pas totalement isolés du reste du monde. Vers l’an 1000, des navigateurs venus de Scandinavie atteignent les côtes de l’Amérique du Nord. L’explorateur Leif Erikson et d’autres Vikings établissent probablement un établissement temporaire à L’Anse aux Meadows, sur l’île de Newfoundland, au Canada. Les contacts avec les populations autochtones restent toutefois limités et ces installations ne durent que quelques années.
L’arrivée massive des Européens à partir de 1492 bouleverse profondément l’équilibre du continent. Les explorations, la colonisation et les conquêtes entraînent des transformations rapides et souvent tragiques pour les populations autochtones.
Les maladies venues d’Europe — comme la variole, la rougeole ou la grippe — se propagent rapidement parmi des populations qui n’y sont pas immunisées. Dans certaines régions, elles provoquent des mortalités catastrophiques. De plus, l’alcool, importée d’Europe et utilisée comme monnaie d’échange, devient rapidement une drogue utilisée pour manipuler et détruire les autochtones. Aujourd’hui encore l’alcool est un tabou et est interdite dans les territoires appartenant aux indiens.
Au cours des siècles suivants, les guerres, les déplacements forcés et la perte des territoires traditionnels réduisent considérablement la population autochtone. Sur l’ensemble du continent américain, la population amérindienne chute dramatiquement entre le XVIe et le XIXe siècle.
Même après la période de conquête territoriale, les politiques d’assimilation continuent de marquer l’histoire des peuples autochtones. Aux États-Unis, des pensionnats destinés à « assimiler » les enfants amérindiens sont mis en place jusqu’au XXe siècle. Dans certaines régions, des programmes de stérilisation forcée visant des femmes autochtones sont encore signalés jusque dans les années 1970.
Aujourd’hui, les peuples autochtones d’Amérique du Nord continuent de préserver leurs cultures, leurs langues et leurs traditions. Malgré les épreuves de l’histoire, ils restent une composante essentielle de l’identité et du patrimoine du continent.
Rappeler l’existence et la richesse de ces civilisations permet de mieux comprendre que l’histoire de l’Amérique ne commence pas avec l’arrivée des Européens, mais s’inscrit dans un passé bien plus ancien et profondément diversifié.



Des mondes autochtones aux colonies européennes (1492–1776)
1492 – Le navigateur génois Christophe Colomb atteint les Caraïbes au service de l’Espagne, ouvrant la voie à la colonisation européenne des Amériques.
1513 – L’explorateur espagnol Juan Ponce de León explore la Floride, l’une des premières régions d’Amérique du Nord visitées par les Européens.
1565 – Les Espagnols fondent Saint Augustine en Floride, la plus ancienne ville européenne encore habitée aux États-Unis.
1585 – Première tentative de colonie anglaise à Roanoke, en Caroline du Nord actuelle. La colonie disparaît mystérieusement quelques années plus tard.
1607 – Fondation de Jamestown en Virginie, première colonie anglaise permanente en Amérique du Nord.
1619 – Arrivée en Virginie d’un premier groupe d’Africains réduits en esclavage, marquant le début de l’esclavage institutionnalisé dans les colonies anglaises.
1620 – Le navire Mayflower transporte des pèlerins anglais vers la Nouvelle-Angleterre où ils fondent la colonie de Plymouth.
1630 – Fondation de la colonie puritaine du Massachusetts Bay, qui devient un centre majeur du peuplement anglais.
1676 – La rébellion de Bacon en Virginie révèle les tensions sociales et politiques dans les colonies anglaises.
1692 – Les procès des sorcières de Salem illustrent le climat religieux et les peurs collectives dans la Nouvelle-Angleterre coloniale.
1732 – Fondation de la colonie de Géorgie, dernière des treize colonies britanniques.


1754 – Début de la guerre de Sept Ans en Amérique du Nord, conflit opposant les empires coloniaux britannique et français.
1763 – La victoire britannique met fin à la présence française dominante en Amérique du Nord, mais entraîne de nouvelles tensions avec les colonies.
1765 – Le Stamp Act impose une taxe directe aux colonies, déclenchant de fortes protestations contre la politique fiscale britannique.
1770 – Le Boston Massacre alimente l’hostilité des colons envers la présence militaire britannique.
1773 – Le Boston Tea Party voit des colons jeter du thé britannique dans le port de Boston pour protester contre les taxes.
1774 – Le premier Congrès continental réunit des représentants des colonies pour coordonner la résistance à la politique britannique.
1775 – Les premiers combats entre troupes britanniques et milices coloniales marquent le début de la guerre d’Indépendance.
1624 – Fondation de New Amsterdam
Les Hollandais fondent une colonie commerciale à l’embouchure de l’Hudson. La ville deviendra plus tard New York.
Première photo aérienne de New-York, 1906. Photo: James Hare/Collier’s

1664 – Les Anglais s’emparent de New Amsterdam
La colonie néerlandaise passe sous contrôle britannique et est rebaptisée New York.
John Smith (1580–1631)
Soldat et explorateur anglais, il joue un rôle central dans la survie de la colonie de Jamestown, premier établissement anglais durable en Amérique du Nord. wikipedia

William Penn (1644–1718)
Fondateur de la colonie de Pennsylvanie, conçue comme un refuge pour les quakers et un modèle de tolérance religieuse. wikipedia
QUAKER

la Liberty Bell

Tout commence au début des années 1750, quand l’Assemblée de Pennsylvanie commande une grande cloche pour coiffer la Pennsylvania State House, l’actuel Independence Hall.
Elle est coulée à Londres en 1752 par la fonderie Lester & Pack et porte déjà son inscription devenue mythique : « Proclaim LIBERTY Throughout all the Land unto all the Inhabitants Thereof », tirée du Lévitique. À son arrivée à Philadelphie, c’est la douche froide : au premier test sérieux, la cloche se fissure. Deux fondeurs locaux, John Pass et John Stow, la reforgent sur place à partir du métal original, ajoutent un peu de cuivre pour la rendre moins fragile et apposent leurs noms sur le nouveau modèle. C’est cette version retravaillée, et non la première cloche londonienne, qui deviendra plus tard la fameuse Liberty Bell.
À l’origine, la cloche n’a rien de mythique : elle sert à annoncer les sessions de l’Assemblée, les proclamations publiques et les rassemblements de citoyens. Elle sonne pour prévenir d’événements importants, mais aussi pour marquer la vie politique quotidienne d’une colonie en pleine effervescence. Durant les années 1770, elle accompagne la montée des tensions avec Londres : on pense qu’elle a sonné lors de réunions de protestation contre les lois britanniques comme le Tea Act et les Coercive Acts. Selon la tradition (un peu romancée), elle aurait retenti, le 8 juillet 1776, lorsque la Déclaration d’indépendance est lue publiquement dans la cour de la State House. Qu’elle ait réellement sonné ce jour-là ou non, l’image est restée, et c’est là que commence sa carrière de symbole de la liberté américaine.
Pendant la guerre d’indépendance, les patriotes craignent que les Britanniques ne fondent les grandes cloches pour en faire des canons. En 1777, la Liberty Bell est discrètement descendue de son clocher, chargée sur un chariot et envoyée à Allentown, où on la cache sous le plancher d’une église jusqu’à la fin de l’occupation de Philadelphie. La fissure qui la rendra célèbre n’apparaît que plus tard.
Longtemps, on a raconté qu’elle s’était fendue en sonnant pour l’anniversaire de l’indépendance, mais les historiens penchent plutôt pour une fissure apparue vers 1835, possiblement lors d’une cérémonie pour l’anniversaire de George Washington. Des tentatives de réparation élargissent la fêlure, jusqu’à rendre la cloche inutilisable : on finit par cesser de la faire sonner et elle est exposée à l’intérieur d’Independence Hall.
Au XIXᵉ siècle, la cloche change de dimension : elle passe d’outil civique à symbole politique. Les abolitionnistes s’en emparent et la baptisent « Liberty Bell », en insistant sur son inscription biblique pour dénoncer l’esclavage dans un pays qui se dit pourtant attaché à la liberté. Ils la représentent sur tracts, brochures et journaux, en font une sorte de logo militant avant l’heure. Plus tard, après la guerre de Sécession, la cloche devient un symbole de réconciliation nationale.
À partir de 1885, Philadelphie l’envoie en tournée à travers les États-Unis pour des expositions et grandes manifestations patriotiques ; des foules immenses viennent la voir, la toucher, parfois même en arracher de minuscules fragments comme souvenirs. Ces voyages s’arrêtent en 1915, lorsque les risques de dommages deviennent trop importants, et la ville refuse ensuite tout déplacement supplémentaire.
Après la Seconde Guerre mondiale, la gestion de la cloche et d’Independence Hall passe au gouvernement fédéral pour en faire un parc national historique dédié à l’indépendance. Elle est aujourd’hui exposée dans le Liberty Bell Center, face à Independence Hall, au cœur de l’Independence National Historical Park.


Naissance des États-Unis (1776–1789)
1776 – Adoption de la Déclaration d’indépendance, principalement rédigée par Thomas Jefferson, proclamant la séparation des colonies avec la Grande-Bretagne.
1777 – La victoire américaine à Saratoga constitue un tournant majeur dans la guerre d’Indépendance.
1778 – La France s’allie officiellement aux insurgés américains et leur apporte un soutien militaire décisif.
1781 – Les forces britanniques se rendent à Yorktown après une campagne menée par George Washington avec l’aide française.
1783 – Le traité de Paris reconnaît officiellement l’indépendance des États-Unis.
1786 – La rébellion de Shays révèle la fragilité politique et économique du jeune pays.
1787 – La Convention de Philadelphie rédige la Constitution des États-Unis.
1788 – La Constitution est ratifiée par les États nécessaires pour entrer en vigueur.
1789 – George Washington devient le premier président des États-Unis.

1786 – Ordonnance du Nord-Ouest
Le Congrès adopte une loi fixant les règles pour organiser les nouveaux territoires et créer de futurs États.

Expansion et construction nationale (1789–1848)
1791 – Adoption du Bill of Rights, les dix premiers amendements garantissant les libertés fondamentales.
1793 – L’invention du cotton gin par Eli Whitney révolutionne la production de coton et renforce l’économie esclavagiste du Sud.
1800 – Washington devient officiellement la capitale permanente des États-Unis.
1803 – Le président Thomas Jefferson achète la Louisiane à la France de Napoléon Bonaparte, doublant presque la taille du pays.
1804 – L’expédition Lewis et Clark part explorer les territoires de l’Ouest jusqu’à l’océan Pacifique.
1812 – Les États-Unis entrent en guerre contre la Grande-Bretagne dans un conflit connu comme la guerre de 1812. Evoqué dans Dynastie
1814 – Les troupes britanniques incendient la ville de Washington pendant la guerre.
1815 – La fin de la guerre de 1812 renforce le sentiment national américain.
1819 – L’Espagne cède la Floride aux États-Unis.


1820 – Le compromis du Missouri tente de maintenir l’équilibre entre États esclavagistes et États libres.
1823 – Le président James Monroe proclame la doctrine Monroe, affirmant l’opposition américaine à toute nouvelle colonisation européenne dans les Amériques.
1830 – L’Indian Removal Act entraîne le déplacement forcé de nombreuses nations amérindiennes vers l’Ouest.
1836 – Le Texas obtient son indépendance après une révolte contre le Mexique.
1838 – Le déplacement forcé des Cherokees vers l’Oklahoma, connu sous le nom de Piste des Larmes, cause la mort de milliers de personnes.
1845 – Le Texas est officiellement annexé par les États-Unis.
1846 – Début de la guerre entre les États-Unis et le Mexique.
1848 – Le traité de Guadalupe Hidalgo met fin à la guerre et donne aux États-Unis de vastes territoires dans l’Ouest.
1848 – La découverte d’or en Californie déclenche la célèbre ruée vers l’or.
1811 – Début de la construction de la National Road
Première grande route fédérale reliant la côte Est aux territoires de l’Ouest.
1832 – Crise de la nullification
La Caroline du Sud conteste l’autorité fédérale sur les tarifs douaniers, révélant les tensions entre États et gouvernement central.
1845 – Manifeste de la Destinée
Un journaliste donne un nom à la justification de l’expansion vers l’ouest des territoires américains. Evoqué dans Côte Ouest
1846 – Traité de l’Oregon
Les États-Unis et le Royaume-Uni fixent la frontière entre leurs territoires au nord-ouest du continent.

George Washington (1732–1799)
Commandant des forces américaines pendant la guerre d’Indépendance et premier président des États-Unis, il incarne la naissance de la nouvelle nation. wikipedia


Benjamin Franklin (1706–1790)
Scientifique, diplomate et homme politique, il obtient le soutien de la France pendant la guerre d’Indépendance. wikipedia
Thomas Jefferson (1743–1826)
Principal auteur de la Déclaration d’indépendance et président des États-Unis lors de l’achat de la Louisiane. wikipedia


Alexander Hamilton (1755–1804)
Premier secrétaire au Trésor, il met en place les bases du système financier américain. wikipedia

Guerre de Sécession et Reconstruction (1848–1877)
Sans doute la période la plus trouble et traumatisante de la courte histoire de ce grand pays, la guerre de sécession, plus couramment appelez Civil War (guerre civile) parce qu’elle opposait des américains à d’autres américains, est le cadre de nombreux films et séries. Pour l’ambiance du sud profond de cette période, je ne saurais que trop vous encourager à revoir Autant en emporte le vent, indémodable classique du cinéma. Et pour une série qui permet de comprendre en tout cas partiellement les enjeux de l’époque, bien entendu, la série Nord et Sud (et encore mieux la série de romans de John Jakes) est a revoir absolument.
1850 – Le compromis de 1850 tente d’apaiser les tensions liées à l’esclavage.
1854 – Le Kansas-Nebraska Act provoque des violences entre partisans et opposants de l’esclavage.
1857 – La décision Dred Scott de la Cour suprême affirme que les Afro-Américains ne peuvent pas être citoyens.
1859 – En Pennsylvanie nait une nouvelle industrie américaine avec l’exploitation du pétrole, destiné a produire au départ le kérosène pour l’éclairage
1860 – Élection d’Abraham Lincoln à la présidence, déclenchant la sécession de plusieurs États du Sud.
1861 – Début de la guerre de Sécession après l’attaque de Fort Sumter.
1863 – Abraham Lincoln proclame l’émancipation des esclaves dans les États rebelles.
1863 – La bataille de Gettysburg devient l’un des tournants de la guerre.
1865 – Fin de la guerre de Sécession avec la victoire de l’Union.


1865 – Assassinat d’Abraham Lincoln à Washington.
1865 – Le 13e amendement abolit officiellement l’esclavage aux États-Unis.
1868 – Le 14e amendement accorde la citoyenneté aux anciens esclaves.
1870 – Le 15e amendement garantit le droit de vote aux hommes afro-américains.
1877 – Fin de la période de Reconstruction et retrait des troupes fédérales du Sud.
1862 – Homestead Act
Le gouvernement offre des terres gratuites aux colons prêts à s’installer dans l’Ouest, accélérant la colonisation.

Andrew Jackson (1767–1845)
Président populiste associé à l’expansion vers l’Ouest et à la politique de déplacement des peuples amérindiens. wikipedia

James K. Polk (1795–1849)
Président expansionniste qui supervise l’annexion du Texas et la guerre contre le Mexique, élargissant considérablement le territoire américain. wikipedia
Abraham Lincoln (1809–1865)
Président pendant la guerre de Sécession, il préserve l’Union et met fin à l’esclavage avec la proclamation d’émancipation. wikipedia

Ulysses S. Grant (1822–1885)
Général victorieux de l’Union durant la guerre civile, puis président durant la Reconstruction. wikipedia


L’impeachment : une procédure exceptionnelle
Aux États-Unis, l’impeachment est une procédure constitutionnelle permettant de destituer un président en cas de « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs ». Elle se déroule en deux étapes : la Chambre des représentants vote la mise en accusation, puis le Sénat organise le procès. La destitution n’est effective que si les deux tiers des sénateurs votent la condamnation.
Depuis la fondation du pays, cette procédure a été engagée à 4 reprises contre des présidents : Andrew Johnson (1868), Bill Clinton (1998) et Donald Trump (2019 et 2021, seul président à avoir été mis en accusation deux fois). Aucun président n’a toutefois été destitué à l’issue du procès au Sénat.


Industrialisation et expansion mondiale (1877–1917)
1869 – Achèvement du premier chemin de fer transcontinental reliant l’Est et l’Ouest.
1876 – Bataille de Little Bighorn entre l’armée américaine et les nations sioux et cheyennes.
1882 – Le Chinese Exclusion Act limite fortement l’immigration chinoise.
1885 – Tiburcio Parrot, banquier Californien, reçoit en cadeau de mariage un terrain prêt de San Francisco et y fait construire une maison nommée Miravalle entourée d’un vaste domaine.
1886 – Inauguration de la Statue de la Liberté dans le port de New York.
1890 – Le massacre de Wounded Knee marque la fin des grandes guerres indiennes.
1890 – Le recensement annonce la disparition officielle de la frontière américaine.
1898 – La guerre hispano-américaine fait des États-Unis une puissance impériale.


1898 – Les États-Unis prennent le contrôle de Porto Rico et des Philippines.
1901 – Un premier gisement important de pétrole est découvert près de Beaumont au Texas, initiant une nouvelle ruée vers l’or… noir
1903 – Début de la construction du canal de Panama.
1906 – Un violent tremblement de terre détruit une grande partie de San Francisco. Evoqué dans Falcon Crest
1913 – Création de la Réserve fédérale pour stabiliser le système financier.
1917 – Les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale.
1892 – Ouverture du centre d’immigration d’Ellis Island
Pendant plusieurs décennies, des millions d’immigrants arrivent aux États-Unis par ce centre de New York.

Sitting Bull (vers 1831–1890)
Chef sioux célèbre pour sa résistance face à l’expansion américaine et sa victoire contre l’armée américaine à Little Bighorn. wikipedia


Buffalo Bill (1846–1917)
Figure mythique de la conquête de l’Ouest, célèbre pour ses spectacles qui popularisent la légende de la frontière américaine. wikipedia
John D. Rockefeller (1839–1937)
Fondateur de Standard Oil, il devient l’un des hommes les plus riches de l’histoire et symbolise l’industrialisation américaine. wikipedia


Andrew Carnegie (1835–1919)
Magnat de l’industrie sidérurgique et grand philanthrope, il incarne l’ascension industrielle des États-Unis. wikipedia
La Statue de la Liberté
le plus grand cadeau de l’Histoire (et il était en kit !)
Il faut bien l’avouer : offrir un cadeau à un ami, c’est toujours un peu stressant. Qu’est-ce qui lui ferait plaisir ? Est-ce que ça va être trop petit, trop banal ? Eh bien, en 1865, un groupe de Français a décidé de régler le problème une bonne fois pour toutes : ils allaient offrir aux Américains une statue. Pas une petite figurine de rien du tout — non, non. Une statue de 93 mètres de haut, posée en plein milieu de la baie de New York. Difficile de faire moins original.
Tout commence lors d’un dîner à Versailles, chez l’historien Édouard de Laboulaye. Entre la poire et le fromage (on est Français, quand même), cet admirateur passionné des États-Unis lance l’idée folle : et si la France offrait un monument grandiose à l’Amérique pour célébrer leur amitié et les valeurs communes de liberté ? Ses convives, enthousiastes, applaudissent. Parmi eux, un certain Frédéric Auguste Bartholdi, sculpteur alsacien aux ambitions démesurées, qui se dit qu’il tient là le projet de sa vie.
Bartholdi embarque pour les États-Unis en 1871 pour « vendre » l’idée aux Américains. En entrant dans la baie de New York en bateau, il a une révélation en voyant la petite île de Bedloe : c’est là. C’est exactement là qu’il faut la mettre. Les Américains, séduits, acceptent le deal — avec une petite condition : ils construisent le socle, les Français s’occupent de la statue. Un vrai partenariat transatlantique avant l’heure.
Bartholdi se met au travail, mais il a un problème de taille (c’est le cas de le dire) : comment faire tenir une telle structure sans qu’elle s’effondre au premier coup de vent ? Il fait appel à un ingénieur dont vous avez peut-être entendu parler : Gustave Eiffel, oui, le même qui construira sa fameuse tour quelques années plus tard. Eiffel conçoit une armature interne en acier ultra-ingénieuse, sur laquelle les plaques de cuivre de la statue viennent se fixer. Un génie, ce Gustave.
La statue est fabriquée en France, atelier par atelier, morceau par morceau. Les Parisiens peuvent même aller voir la tête de Liberty terminée exposée au Champ-de-Mars. Quant au bras brandissant le flambeau, il fait carrément le tour du monde lors d’une exposition à Philadelphie. La dame sait se faire désirer.
En 1885, après des années de travail et de collecte de fonds des deux côtés de l’Atlantique (pas toujours facile !), la statue est démontée en 350 caisses et chargée sur un bateau à destination de New York. À son arrivée, les Américains sont… en retard sur le socle. Il faudra attendre encore un an pour que tout soit prêt. Le 28 octobre 1886, la cérémonie d’inauguration a lieu dans un déluge de confettis et de coups de canon — avec un gratin de 600 bateaux dans la baie. La dame est enfin debout.
Depuis lors, Lady Liberty veille sur l’entrée de New York, sa torche levée vers le ciel et ses tablettes portant la date du 4 juillet 1776 sous le bras. Elle a accueilli des millions d’immigrants arrivant au Nouveau Monde, les yeux brillants d’espoir. Elle est aujourd’hui l’un des monuments les plus photographiés de la planète — et le plus beau cadeau diplomatique de l’Histoire.

Crises économiques et guerres mondiales (1917–1945)
1917 – la famille Bourn, propriétaire de mines d’or, s’installe dans sa nouvelle maison près de San Francisco et la baptisent Filoli
1918 – Fin de la Première Guerre mondiale et retour des troupes américaines.
1920 – Le 19e amendement accorde le droit de vote aux femmes.
1920 – Début de la prohibition qui interdit la vente d’alcool. Evoqué dans Falcon Crest
1926 – Inauguration de la fameuse Route 66 qui relie Chicago à Los Angeles
1929 – Le krach boursier de Wall Street provoque la Grande Dépression.
1933 – Le président Franklin D. Roosevelt lance les réformes économiques du New Deal.
1938 – [30 Octobre]La diffusion de « La Guerre des Mondes » par le théâtre radiophonique d’Orson Welles créée un mouvement de panique à travers tout le pays.


1939 – Début de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Evoqué dans Falcon Crest
1941 – L’attaque japonaise contre Pearl Harbor entraîne l’entrée en guerre des États-Unis.
1944 – Les troupes américaines participent au débarquement allié en Normandie.
1945 – Les États-Unis larguent des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.
1945 – Fin de la Seconde Guerre mondiale.

Theodore Roosevelt (1858–1919)
Président réformateur et figure majeure du progressisme, il renforce le rôle international des États-Unis. wikipedia

Franklin D. Roosevelt (1882–1945)
Président pendant la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale, il met en place le New Deal et transforme le rôle de l’État fédéral. wikipedia
Dwight D. Eisenhower (1890–1969)
Commandant des forces alliées en Europe durant la Seconde Guerre mondiale puis président pendant les premières années de la Guerre froide. wikipedia

John F. Kennedy (1917–1963)
Président emblématique des années 1960, associé à la guerre froide, à la crise de Cuba et au programme spatial. wikipedia

Bonnie & Clyde
l’amour à bout portant
Il y a des histoires qui auraient dû finir banalement — un garçon rencontre une fille, ils tombent amoureux, peut-être qu’ils ouvrent une épicerie au Texas. Mais non. Bonnie Parker et Clyde Barrow, eux, ont décidé de faire les choses différemment. Bien différemment !
Tout commence dans les années 1920, dans les faubourgs miséreux de Dallas. Bonnie Parker est une petite blonde de 19 ans, serveuse de son état, dotée d’un goût prononcé pour la poésie et les cigarettes. Clyde Barrow, lui, est un jeune homme maigre et nerveux, déjà aguerri par quelques séjours en prison. Quand ils se rencontrent en janvier 1930, c’est le coup de foudre — le genre qui fait des étincelles, parfois littéralement.
L’Amérique traverse alors la Grande Dépression. Des millions de familles ont tout perdu. Les banques, elles, se portent bien — ce qui n’est pas exactement la meilleure image de marque de l’époque. Dans ce contexte, braquer des banques et des épiceries en prenant la poudre d’escampette sur les routes du Midwest, c’est presque un acte romantique aux yeux de certains. Presque.
Entre 1932 et 1934, Bonnie et Clyde sillonnent le centre des États-Unis avec leur bande, le Barrow Gang, à bord de voitures volées qu’ils conduisent à toute allure. Leur spécialité : les petits commerces, les stations-service, les banques rurales — rien de très spectaculaire sur le plan financier. Ce qui l’est beaucoup plus, en revanche, c’est leur façon de toujours s’en sortir, de se faufiler entre les mains de la police comme des anguilles en cavale.
Leur réputation enfle, les journaux s’emballent. Bonnie devient une icône malgré elle — une femme armée et amoureuse, qui fume le cigare sur les photos (enfin, le cigare sur une photo, ce qui suffira à alimenter la légende). Clyde, lui, a beau être responsable de la mort d’une douzaine de personnes, dont plusieurs policiers, reste dans les mémoires comme un hors-la-loi romantique. L’histoire a ses injustices.
Les deux amants savent, au fond, que ça ne peut pas durer. Bonnie l’écrit même dans un de ses poèmes, The Trail’s End, avec une lucidité glaçante : ils mourront ensemble, quelque part sur une route. Elle n’avait pas tort. Le 23 mai 1934, sur une route de Louisiane, une embuscade tendue par six officiers de police met fin à leur cavale. Leur voiture est criblée de balles — plus de 130, selon les sources. Aucun des deux ne survit. Bonnie a 23 ans. Clyde en a 25.

Ce qui frappe, avec Bonnie et Clyde, c’est la distance colossale entre ce qu’ils étaient réellement — deux criminels violents issus de la pauvreté, responsables de morts bien réelles — et ce qu’ils sont devenus dans l’imaginaire collectif : des symboles de liberté, d’amour fou, de rébellion contre un système injuste. Hollywood n’a évidemment pas résisté. Le film de Arthur Penn en 1967, avec Faye Dunaway et Warren Beatty, a achevé de les mythifier définitivement. Depuis, leur image s’est recyclée à l’infini, de la mode au cinéma en passant par la pop music.
Reste une question que l’on peut se poser à propos de ce chapitre de l’histoire américaine : que dit de nous le fait de vouloir tant aimer des gens aussi peu aimables ? Peut-être que dans chaque époque troublée, on cherche des figures qui incarnent l’idée qu’on peut, au moins, choisir auprès de qui l’on veut mourir !

Guerre froide et mutations sociales (1945–1991)
1947 – Début de la Guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique.
1950 – Début de la guerre de Corée.
1954 – La Cour suprême déclare la ségrégation scolaire inconstitutionnelle.
1955 – Le boycott des bus de Montgomery devient un symbole du mouvement des droits civiques.
1963 – Marche sur Washington et discours “I Have a Dream” de Martin Luther King Jr..
1964 – Adoption du Civil Rights Act contre la ségrégation.


1965 – Adoption du Voting Rights Act protégeant le droit de vote.
1969 – L’astronaute Neil Armstrong devient le premier homme à marcher sur la Lune.
1973 – Les États-Unis se retirent officiellement de la guerre du Vietnam.
1974 – Le président Richard Nixon démissionne après le scandale du Watergate. Evoqué dans Falcon Crest
1978 – Dallas débarque à la télévision américaine et va bientôt révolutionner l’histoire.
1989 – Chute du mur de Berlin.
1991 – Dissolution de l’Union soviétique et fin de la Guerre froide.

Dans nos sagas, la Guerre de Corée est évoquée lors du retour de Philip Colby, porté disparu durant la guerre de Corée quelques décennies auparavant et considéré comme mort au combat.
La guerre de Corée, première confrontation de la guerre froide
La Guerre de Corée (1950-1953) est souvent considérée comme la première grande guerre de la guerre froide. Elle oppose la Corée du Nord, soutenue par la Chine et l’Union soviétique, à la Corée du Sud, soutenue par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
Pour les Américains, ce conflit marque un tournant. Pour la première fois, les États-Unis s’engagent militairement pour contenir l’expansion du communisme, sans déclaration de guerre formelle. Cette stratégie, appelée « containment », devient un pilier de leur politique étrangère pendant toute la guerre froide.
La guerre se termine en 1953 par un armistice, sans véritable victoire. La péninsule coréenne reste divisée en deux États, une situation qui perdure encore aujourd’hui.
Bien que parfois qualifiée de « guerre oubliée », la guerre de Corée a une importance majeure : elle installe durablement les États-Unis dans un rôle de puissance militaire globale et inaugure une série d’interventions extérieures qui marqueront la seconde moitié du XXe siècle.
la guerre du Vietnam, une fracture dans la société américaine
La Guerre du Vietnam (1955-1975), avec une implication américaine massive dans les années 1960) est l’un des conflits les plus marquants de l’histoire contemporaine des États-Unis.
Comme en Corée, il s’inscrit dans le contexte de la guerre froide. Les États-Unis soutiennent le Vietnam du Sud contre le Vietnam du Nord , dirigé par un régime communiste.
Mais contrairement à la guerre de Corée, le conflit du Vietnam devient extrêmement controversé au sein même de la société américaine. Les images de la guerre, largement diffusées à la télévision, choquent l’opinion publique. Le service militaire obligatoire envoie des centaines de milliers de jeunes Américains combattre à l’autre bout du monde.
Au fil des années, un mouvement de contestation massif se développe aux États-Unis. Manifestations, protestations étudiantes et divisions politiques traduisent une profonde remise en question du rôle du pays sur la scène internationale.
En 1975, après le retrait des troupes américaines, le Vietnam est réunifié sous un régime communiste. Pour les États-Unis, cette guerre est perçue comme un échec.
Aujourd’hui encore, la guerre du Vietnam reste une référence majeure dans la mémoire collective américaine. Elle a profondément influencé la perception des interventions militaires à l’étranger et marqué durablement la société, la politique et la culture du pays.

Dans nos sagas, la Guerre du Vietnam est évoquée comme élément du passé notamment de Ray Krebbs, qui était pilote d’hélicoptère durant ce conflit (à l’image de l’acteur qui l’incarne).
1957 – Crise de Little Rock
L’intervention de l’armée fédérale permet l’intégration d’élèves noirs dans une école d’Arkansas malgré l’opposition locale.

1962 – Crise des missiles de Cuba
Les États-Unis et l’Union soviétique frôlent la guerre nucléaire pendant treize jours.
Martin Luther King Jr. (1929–1968)
Leader du mouvement des droits civiques, défenseur de la non-violence et symbole de la lutte contre la ségrégation raciale. wikipedia

Rosa Parks (1913–2005)
Militante des droits civiques dont le refus de céder son siège dans un bus déclenche le boycott des bus de Montgomery. wikipedia

1978 / 1993 – Le monde entier découvre les turpitudes des Ewing de Dallas, des Carrington de Denver, des Gioberti de Falcon Crest et des habitants d’une petite impasse près de Los Angeles en Californie. Mais ça c’est une autre chronologie…

Les États-Unis depuis la fin de la Guerre froide (1991–2026)
1991 – Les États-Unis dirigent une coalition internationale lors de la guerre du Golfe.
2001 – Attentats du 11 septembre contre New York et Washington.
2003 – Invasion de l’Irak par les États-Unis et leurs alliés.
2008 – La crise financière mondiale débute à Wall Street.


2008 – Élection de Barack Obama, premier président afro-américain.
2011 – Mort d’Oussama ben Laden lors d’une opération militaire américaine.
2012 – Retour de Dallas sur les écrans américains avec une suite de la saga culte.
2020 – La pandémie de COVID-19 frappe durement les États-Unis.
2026 – Les États-Unis célèbrent le 250e anniversaire de leur indépendance et les 100 ans de la fameuse Route 66.




