Blood is thicker than Oil

Le long du grand Pacifique…

Aux USA, Knots Landing est arrivé sur les écrans le 29 décembre 1979. En Belgique Côte Ouest a débarqué en 1986, et ce n’est qu’en 1988 que la série et son fameux générique « Côte Ouest, le long du grand Pacifique… » a captivé les téléspectateurs français. Retour sur l’arrivée du phénomène avec cet article du magazine Ciné Télé Revue datant de l’arrivée sur la chaine RTL (Belgique et Luxembourg) qui raconte la genèse de la série. Comme toujours l’article est transcrit en dessous de l’image pour être plus facile à lire et pour être automatiquement traduit.

Côte Ouest (Knots Landing)

Alcoolisme, Adultère, trahison : les drames d’une nouvelle saga !

Une impasse tranquille en Californie, au fond d’une petite ville appelée Knots Landing … C’est là, à cinq minutes de la plage, dans un décor sans nuages où il fait bon vivre, que vont se nouer les intrigues sentimentales qui tiennent aujourd’hui en haleine 100 millions d’Américains. Un savant mélange de conflits, de trahisons, de peines orchestrées par quelque cinquante scénaristes pour qui « Knots Landing » devait être autre chose qu’un simple parallèle au feuilleton « Dallas ».

Comme « Les Colbys » raconte la vie d’une famille issue de « Dynastie », « Knots Landing » raconte celle d’un couple venu de « Dallas » : Gary et Val Ewing. Les fans du feuilleton se souviennent d’ailleurs avoir vu ces deux personnages (le frère et la belle-sœur de J.R. et Bobby) dans les tout premiers épisodes de la saga. Mais « Knots Landing » est d’une autre teneur.

Des visages très célèbres

« Nous n’avons pas besoin d’enfermer toutes les vedettes dans un hôtel en flammes ou d’inventer des attentats à la bombe pour retenir les téléspectateurs », explique Ted Shackelford, devenu en un temps record la star du feuilleton. « Nous ne cherchons pas le grand spectacle. Ce feuilleton parle d’abord au cœur des gens car nous vivons les mêmes drames qui peuvent les frapper dans leur vie : le divorce, l’alcoolisme, l’adultère. C’est pour cela qu’ils nous aiment et qu’ils nous sont fidèles. »

Au départ pourtant, la carrière de « Knots Landing » (devenue «’Côte Ouest » pour la version française) a failli péricliter avant même d’avoir pris son véritable envol. Pour appâter le public, les responsables de la compagnie Lorimar avaient demandé à quelques stars de « Dallas » de venir y faire un petit tour. Bobby Ewing apparaît ainsi dans le premier épisode, J.R. dans le deuxième, Lucy dans le sixième et l’ombre de Miss Ellie plane souvent au début de l’aventure, car c’est elle qui a acheté une maison à son fils Gary, afin qu’il recommence une vie nouvelle. Mais ces « guest-stars » (vedettes invitées le temps d’un épisode) produisirent l’effet contraire : le public américain avait l’impression d’être orphelin quand elles n’apparaissaient pas. La chaîne CBS songea même à arrêter la diffusion de « Knots Landing ». Le déclic vint des scénaristes qui décidèrent de ne plus baser toute l’intrigue du feuilleton sur le seul Gary Ewing. Dès cet instant, « Knots Landing » ne devint plus seulement l’histoire d’un alcoolique qui perd tout à cause de son vice, mais celle de toutes les familles qui vivent à ses côtés dans l’impasse de Knots Landing. Avec un talent machiavélique, les auteurs du feuilleton font reporter les drames des uns et des autres sur leurs voisins. C’est l’enchaînement …

Erotisme et scandale

« Notre histoire est celle des jalousies, des infidélités, des drames familiaux comme il peut s’en produire dans tous les quartiers » explique Joan Van Ark, la tendre Valene du feuilleton à laquelle toutes les Américaines vouent un véritable culte pour son courage, sa volonté de passer à travers toutes les épreuves. « Et dans un quartier comme Knots Landing, tout se sait très vite … »

Ainsi, dans les premiers épisodes, l’une des vedettes féminines est victime d’un viol mais n’ose pas en avouer les circonstances à son mari, une autre ne reste pas insensible au charme du professeur de sa fille, une femme apprend qu’elle est enceinte d’un quatrième enfant sur lequel elle ne comptait pas …

Un peu plus tard (à partir du 14e épisode) arrivera Abby alias Donna Mills, une divorcée qui va jeter son dévolu sur le faible Gary. C’est le détonateur qui entraînera définitivement « Knots Landing » sur la voie du succès. L’érotisme et le scandale débarquent avec ce nouveau personnage. Et, malgré son égoïsme et son hypocrisie, Abby est maintenant la plus appréciée du feuilleton, un peu comme Alexis dans « Dynastie ». En Amérique (où « Knots Landing » en est déjà à sa septième année … ), des millions de téléspectateurs attendent aujourd’hui la nouvelle saison pour savoir si Gary, qu’Abby a réussi à arracher à Valene, reviendra vers la femme qui l’aime toujours, alors qu’Abby le trompe avec un homme plus jeune. Mais les choses ne sont pas simples : Val a beaucoup souffert, mais a su garder sa fierté …

« Le feuilleton « Knots Landing » ne se limite pas à une lutte entre les bons et les méchants », explique Donna Mills dont le cachet dépasse déjà les 40.000 dollars. « Même Abby ne fait pas souffrir les hommes pour le plaisir. Elle veut seulement défendre ses intérêts avec les seules armes dont elle dispose. Dans certains feuilletons, quand deux personnages soi-disant amoureux sont en conflit, ils s’abreuvent d’injures, se battent, s’inventent des traquenards abominables. Dans « Knots Landing », même s’ils se déchirent, ils continuent à s’aimer et ils souffrent .. »

Joan MacTrevor pour Ciné Télé Revue (1984)


Encadré 1

La curieuse naissance d’un succès …

Lorsque les téléspectateurs américains découvrent « Knots Landing » pour la première fois, le 20 décembre 1979, sur la chaîne CBS, il y a plus d’un an déjà qu’ils connaissent la famille Ewing : « Dallas », où est apparu Gary Ewing, a vu le jour le 21 avril 1978. Aujourd’hui, les Américains suivent déjà la septième année de « Knots Landing » et, dans les sondages, il devance même son grand frère. Pourtant, il a failli ne jamais exister.

« En fait », explique David Jacobs, le créateur des personnages des deux feuilletons, « Knots Landing » est né avant « Dallas ». En 1977, je suis allé proposer mon idée à la chaîne CBS. Elle leur semblait bonne, mais ils voulaient à l’époque quelque chose de plus sensationnel, où il soit question de pouvoir, de richesse. C’est ainsi qu’est né « Dallas ». Quand ce dernier a triomphé, la CBS s’est souvenue de ma première idée et m’a demandé de faire sortir Gary, le frère de J.R., pour qu’il ait son propre feuilleton … »


Encadré 2

Pourquoi « Côte Ouest » ?

Aux Etats-Unis, parler de « Knots Landing » dans une conversation est un « must » : les oreilles de tous les Américains, même celles du président Ronald Reagan, réagissent à ce nom. Et voilà que le feuilleton arrive chez nous sous l’appellation « Côte Ouest » : Pourquoi avoir voulu traduire ce titre qui est le nom d’une petite ville de Californie ? C’est comme si « Falcon Crest » avait été traduit par « Crête de faucon » … Seuls les puristes de la langue anglaise avancent une explication : en anglais, le « K » ne se prononce pas quand il commence un mot et suivi d’un « n ». Mais qui, parmi le public, aurait été choqué d’entendre prononcer « Knots Landing » et non « Nots Landing » ?


La publication s’accompagnait également d’une sorte d’arbre généalogique présentant les principaux personnages de la série. Saurez-vous repérer l’erreur qui apparait dans ce schéma ? (Indice: il s’agit de la famille Fairgate)


Alors et vous, est-ce que comme pour Dallas vous vous souvenez de la diffusion du 1er épisode de Côte Ouest ?

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