La Moldavie de notre univers

La Moldavie dans la réalité se déploie comme un long ruban entre l’Ukraine et la Roumanie, et son histoire commence avec la principauté de Moldavie médiévale, fondée au XIVe siècle, qui englobe alors les territoires de l’actuelle Roumanie orientale et de l’actuelle République de Moldavie. Les siècles suivants ressemblent à une valse à trois temps entre Autriche, Empire ottoman et Russie, chacun cherchant à attirer la région dans son orbite. En 1812, la Russie impériale annexe la région et le destin du pays épouse celui de Saint-Pétersbourg, puis celui de Moscou.
Au XXe siècle, la région traverse deux convulsions mondiales et plusieurs redécoupages territoriaux. Dans l’entre-deux-guerres, elle est intégrée au royaume de Roumanie et en 1940, l’URSS recompose la carte et crée la République socialiste soviétique de Moldavie. Le pays entre alors dans le vaste théâtre soviétique, où la langue, la culture et l’économie sont recalibrées selon les canons de Moscou.
Dans les années 1980, la Moldavie vit une période de paradoxes. Elle paraît calme en surface, mais la terre sous ses pieds gronde doucement. La stagnation imposée par la Russie de Brejnev fige beaucoup de choses : agriculture planifiée, industrie lourde héritée des années 1960, et une élite locale souvent plus gestionnaire que visionnaire. Mais la question de la langue imposée par Moscou et la contestation de l’usage du moldave écrit en cyrillique nourrissent un regain identitaire, et les cercles intellectuels s’animent.
La fin des années 1980 voit ainsi naître des mouvements culturels et civiques qui réclament plus d’autonomie, une langue officielle réécrite en alphabet latin, et un rapprochement avec la Roumanie. Au même moment, la région de Transnistrie, plus industrialisée et fortement russophone, se crispe face à ces aspirations. Ce contraste, déjà vif à la veille des années 1990, trace les lignes de fracture qui marqueront la jeune indépendance annoncée en 1991.


La Moldavie de l’univers des Carrington
Dans le monde des Carrington la Moldavie est un royaume qui n’est pas vraiment géographiquement précis, et il semble évident qu’il n’est pas celui de notre univers a nous. Le régime est différent, mais les deux états ont néanmoins un point commun dans les années 80 : une certaine forme d’instabilité politique.
Et les Moldaves ?
Eh bien j’ai récemment pu interroger des habitants de la vraie Moldavie. J’ai ainsi découvert qu’une certaine partie de l’Europe de l’Est, notamment la Roumanie, était plutôt friande de Dallas et de Dynastie (parfois grâce à des antennes qui pouvaient capter les émissions des pays voisins, mais également via des cassettes pirates fabriquées et vendues au marché noir… par la police secrète). Les Ceausescu étaient fans et il y a même une réplique de Southfork quelque part en Roumanie
Mais ceux qui étaient vraiment sous la domination Russe dans les années 80, comme la petite république de Moldavie, n’avaient que très peu accès à la télévision et au cinéma américain. Donc le fameux mariage royal n’a pas fait parler en Moldavie car les Moldaves ne l’ont simplement pas vu…
La Moldavie, avant la chute du mur de Berlin et son indépendance en 1991, n’avait en réalité accès qu’au cinéma Russe dans lequel les Moldaves étaient dépeint comme des gitans à la peau sombre.
Le cinéma et la télévision américaine ont lentement envahi la Moldavie à partir des années 90, et si Dynastie était déjà remplacée par d’autres choses, Dallas a connu un certain retentissement jusque dans les provinces de ce pays. Un pays qui, loin des clichés est aujourd’hui une destination touristique prisée (la preuve ici)
J’espère que ce post un peu hors des sentiers battus vous aura intéressé. Si c’est le cas n’hésitez pas à me le dire, a partager et à me soutenir via ma page Buy me a coffee.
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Merci pour cet article sur la Moldavie. Dans la saison 5 de Dynastie, on était vraiment dans un univers fantasmé. Cela faisait partie du charme assumé de la saga, loin de toute réalité géopolitique.